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L'église Saint Maimboeuf

L'église Saint Maimboeuf

Saint-Maimboeuf - JM.DOMON

Au XIXème siècle, avec le développement de l’industrie, les ouvriers catholiques arrivent en masse dans le Pays de Montbéliard. Aussi, le cardinal Matthieu, archevêque de Besançon, décide de faire construire une église monumentale, symbole du renouveau du catholicisme en terre protestante.

Saint Maimboeuf et l’église du Château
La vie de saint Maimboeuf est assez mal connue. Il est possible qu’il n’ait même jamais existé, mais selon la légende, il s’agit d’un moine irlandais parti en pèlerinage à Rome. Arrivé en Franche-Comté, il est assassiné par des brigands en 843. Ses cendres auraient été apportées à Montbéliard peu avant 920 et déposées en l’église Saint-Pierre au  Château rebaptisée Saint-Maimboeuf.
Saint Maimboeuf est ainsi devenu le protecteur de Montbéliard. Ses reliques ont attiré de nombreux pèlerins, parmi lesquels Jean Sans Peur, Charles le Téméraire, l’Empereur Maximilien ou encore le Dauphin Louis de France.
En 1539, l’église du Château est consacrée au culte luthérien et les reliques sont dispersées. L’édifice est fermé à la Révolution puis détruit en 1810.

Le chantier
En 1843, Monseigneur Matthieu obtient du Pape, l’autorisation  de construire un grand édifice de culte catholique à Montbéliard. La première pierre est posée en 1850 et le chantier durera près de trente ans.
Le projet est ambitieux : il montre à tous que le catholicisme est de retour après trois siècles de protestantisme. L’emplacement choisi participe au symbole. La nouvelle église s’implante au cœur du quartier de la Neuve-ville, à la place du collège universitaire. Le site domine le centre ville et le temple Saint-Georges. Seule l’aile nord du collège a survécu à la construction de l’église. Elle abrite aujourd’hui le presbytère.
Le premier projet de l’architecte (protestant !), Jean Frédéric Fallot, est monumental, comme le montre la maquette de RG I Wild exposée au musée Beurnier-Rossel. L’église présente un plan en croix latine. Le transept est couvert d’un dôme monumental et la façade est encadrée par deux tours. Mais le projet doit être révisé : le cardinal Matthieu a beau y consacrer sa fortune personnelle et tous les catholiques du diocèse apporter leur contribution, l’argent manque. Le dôme est donc abandonné ainsi que l’abside du chœur et la tour sud.

L’architecture
L’église est édifiée sur un haut soubassement conçu pour compenser la pente du terrain et abriter des boutiques.
Elle s’inscrit dans un style néo-Renaissance qui fait clairement référence au temple Saint-Martin, s’affirmant néanmoins comme plus monumentale et avec un décor plus riche. Le style exubérant est aussi un « pied de nez » à la sobriété du temple Saint-Georges en contrebas, écrasé par la masse de l’église.
La flèche de Saint-Maimboeuf atteint soixante-cinq mètres et dépasse ainsi tous les clochers de la ville.
L’intérieur est vaste : long d’environ 45 mètres, sur 15 mètres de large, le vaisseau s’élève à 18 mètres de hauteur. Le décor est riche. La nef centrale est séparée des bas-côtés par des colonnes soutenant une galerie qui fait le tour de l’édifice, comme dans les temples protestants. Si les colonnes du bas sont en pierre, les autres sont en bois couvert de plâtre ou de stuc. Les tribunes ont été ajoutées au projet en 1853. L’entrée du chœur liturgique est marquée par deux marches en marbre rose de Sampans et une travée pleine, percée de chaque côté de deux niches superposées.

Le mobilier
Les bas-côtés sont percés de niches dans lesquelles sont placées vingt statues de plâtre : les saints sont situés au nord et les saintes au sud. Un tableau représentant Le martyre de Saint Maimboeuf hérité de la chapelle du collège est installé dans le bas-côté nord.
Les chapelles de la Vierge et de Saint-Joseph sont ornées de toiles du peintre Joseph Aubert (1849-1924) : La déploration du Christ de 1902 et La bénédiction du corps d’un soldat de 1921. Bien que peintes à près de vingt ans d’intervalle, les deux toiles se font directement écho, tant par leur composition que par l’attitude des personnages, créant un parallèle entre religion et actualité. A noter également, dans la chapelle nord, une grande statue en bois de Saint Joseph, œuvre du sculpteur montbéliardais Armand Bloch.
Le chœur liturgique est décoré d’un retable dessiné par Théophile Klem, maitre sculpteur de Colmar, vers 1890-1900. Sa composition en arc de triomphe rappelle la Renaissance italienne. Saint Maimboeuf, à gauche, et l’évêque de Besançon, à droite, encadrent une crucifixion. Ce retable, haut de 10 mètres, répond exactement au buffet d’orgue placé face à lui, sur la tribune. Conçu lui aussi par Théophile Klem, il porte un instrument fabriqué à Epinal. Inauguré en 1900, il est agrandi en 1972-73 ce qui lui permet de couvrir le répertoire de toutes les époques.

Classée MH en septembre 1994.

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