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Le quartier de la Neuveville

Le quartier de la Neuveville

Dès 1562, la ville de Montbéliard, récemment devenue terre protestante, connaît une forte croissance démographique, due à l’afflux de réfugiés huguenots français, francs-Comtois ou encore lorrains. Cette forte poussée démographique pousse le prince de Montbéliard, Frédéric Ier, à ordonner la construction d’un nouveau quartier à l’extrémité de la ville, au bord de l’Allan : la Neuve Ville. Les réfugiés étant à majorité calvinistes, le prince décrète que toute personne souhaitant s’installer dans le nouveau quartier doit se convertir au luthéranisme. Afin de favoriser les conversions, Frédéric Ier accorde des privilèges financiers aux personnes désireuses d’y vivre.

Le prince confie la réalisation de cette extension de Montbéliard à Heinrich Schickhardt. La construction de ce quartier sera l’une des œuvres majeures de l’architecte à Montbéliard, avec le temple Saint-Martin. Les travaux débutent à partir du 2 juin 1598, date à laquelle la première pierre du nouveau collège universitaire est posée. Par ailleurs, le quartier se dote de fortifications au nord et à l’ouest et d’une citadelle le surplombant, dont la construction commence le 28 octobre 1598. En 1605, le quartier est pavé et les portes de la ville sont achevées en juin 1607. Des plans postérieurs à 1676 laissent entrevoir que la Neuve Ville est dotée de trois larges rues parallèles à la rivière, traversées perpendiculairement par trois autres rues. Ces intersections forment trois rectangles où sont disposés les différentes constructions (publiques et privées) et jardins composant le quartier. La Neuve Ville englobe l’actuel faubourg de Besançon, les rues de la Tuilerie, des Potiers, Saint-Maimbœuf et la place Ferrer. Cependant, seule la partie orientale du quartier, comprise entre la place Ferrer, le temple Saint-Georges et le terrain le long de l’Allan fut réellement peuplée. Les réfugiés n’acceptèrent en effet que rarement les conditions du prince, préférant continuer leur chemin vers l’Allemagne.

L’aménagement du nouveau quartier se poursuit après le départ de l’architecte en 1608. Afin de satisfaire le besoin spirituel des paroissiens de la Neuve Ville, le prince de Montbéliard, Georges II, petit fils de Frédéric Ier, ordonne, en 1674, la construction d’un nouveau temple : Saint-Georges.

En 1672, la France déclare la guerre aux Pays-Bas. Une large partie de l’Europe, notamment l’Espagne et l’Empire, s’unit contre les ambitions de Louis XIV. Dès 1674, la Franche-Comté, alors possession espagnole, tombe aux mains des troupes françaises. Louis XIV, roi très catholique, ne peut dès lors accepter l’indépendance du petit pays protestant de Montbéliard, au cœur de ses nouvelles conquêtes. La neutralité du duc de Wurtemberg ne sauve pas la principauté, envahie en novembre 1676 par le duc de Luxembourg, maréchal aux ordres de Louis XIV, pour éviter qu’elle ne tombe aux mains des impériaux. Cette défaite génère la destruction de la citadelle et des remparts et vingt ans de persécutions pour les protestants montbéliardais.

En 1843, face à l’afflux d’immigrants catholiques cherchant du travail dans la ville de Montbéliard, l’archevêque de Besançon, le cardinal Matthieu, entreprend de reconstruire une église dans la ville de Montbéliard, véritable symbole de la renaissance du catholicisme sur ces terres. Il est décidé que le chantier se tiendra juste au dessus du temple Saint-Georges. Le projet est ambitieux et la construction durera près de trente ans.

Depuis,  le quartier a pris le nom de faubourg de Besançon. Rares sont les vestiges datant de l’origine du quartier : seul le pâté de maisons compris entre le temple Saint-Georges et la place Ferrer comporte quelques traces de cette époque. Il faut attendre le XIXème siècle, et l’arrivée de nouveaux immigrants venus chercher du travail, pour voir réellement le secteur prendre vie et s’emplir d’immeubles. Ces derniers composent encore une grande partie des bâtiments actuels. La place Francisco Ferrer représente l’une des dernières parcelles dessinées par Schickhardt. Son nom lui a été donné en 1909, en hommage à un révolutionnaire Espagnol. Il est également à noter que la Neuve Ville a vu naître le 25 août 1882, au numéro 33 du Faubourg de Besançon, le célèbre peintre Jules Zingg.

Bibliographie

-Sönke LORENZ, Wilfried SETZLER, Heinrich Schickhardt-maître d’œuvre de la Renaissance – Vie et Oeuvre d’un architecte, ingénieur et urbaniste.  DRW, 1999, p.220-229.

 -Céline DELETANG, Heinrich Schickhardt et la Neuve Ville de Montbéliard, Société d’émulation de Montbéliard, n°128, 2005, p.75-115. 

 -Jean Claude VOISIN, André FERRER, Pierre PEGEOT, François VION-DELPHIN ,  Histoire de la ville de Montbéliard, Editions Horvath, 1980.

 -Pierre HAUGER, Montbéliard en flânant, 2006.

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