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Le patrimoine industriel

Depuis 2010, une convention lie Pays de Montbéliard Agglomération et la Région de Franche-Comté – Service de l’Inventaire pour la réalisation de l’inventaire du patrimoine du territoire.

La Région a pour sa part particulièrement travaillé à la réalisation de l’inventaire du patrimoine industriel du Pays de Montbéliard. Un ouvrage de la collection « Images du patrimoine », financé par la Région, est sorti en avril 2014. Afin de valoriser ce travail et d’en faire profiter le plus grand nombre, il a été décidé d’en proposer une déclinaison numérique, sur le site mobile et le site classique dédiés au patrimoine de l’agglomération.

Pour chaque commune retenue, des notices géolocalisées présentent les sites de production, d’habitat et les autres équipements en lien avec l’industrie, en reprenant les notices explicatives réalisées par le service de l’Inventaire et les documents photographiques et documents d’archives recueillis.

Les usines
La présence de nombreux cours d’eau, de minerai et de combustible explique le développement de l’industrie dans le Pays de Montbéliard et détermine la configuration urbaine actuelle. Cette industrialisation prend son essor après le rattachement à la France en 1793, qui lève les obstacles douaniers et ouvre de nouveaux marchés aux industriels montbéliardais. Elle s’intensifie au siècle suivant, avec l’arrivée du chemin de fer et la construction du canal du Rhône au Rhin. L’essor doit aussi beaucoup à la qualité des hommes. Industriels audacieux, imaginatifs, ayant le sens du produit et la formation technique mais aussi ouvriers habiles, durs au travail et souvent relativement peu exigeants, car ils sont souvent paysans en même temps. Dès 1890, l’Ecole pratique, école professionnelle pour des métiers manuels, joue un rôle majeur dans leur formation. Cette première industrialisation est très diversifiée, même si aujourd’hui une grande partie de la production industrielle du Pays de Montbéliard tourne autour de l’automobile. : horlogerie d’abord (Badevel, Exincourt, Vieux-Charmont, Seloncourt), grâce notamment aux innovations de Frédéric Japy, dont les successeurs diversifieront très rapidement les productions, mais également autres secteurs comme le textile (filatures à Audincourt, Courcelles, Exincourt, Valentigney), la grosse métallurgie à Audincourt, la brasserie à Sochaux, la papeterie à Mandeure… Quant à la famille Peugeot, après avoir débuté dans l’outillage et la quincaillerie, elle fait le choix entre 1882 et 1886, sous l’impulsion et la clairvoyance d’Armand, de se lancer dans la production de cycles à Beaulieu. C’est aussi lui qui dès 1889 fait le pari de l’automobile, créant en 1896 la « Société des Automobiles Peugeot » dont l’usine principale est située à Audincourt (renvoi notice). Tous ces sites de production, en fonction de leurs besoins techniques, développent une architecture caractéristique, encore présente aujourd’hui (toits à shed par exemple).


Les équipements
Au XIXe siècle et pendant une partie du XXe siècle, les patrons des usines du Pays de Montbéliard développent une politique paternaliste. Ils interviennent ainsi sur l’ensemble des aspects de la vie quotidienne de leurs employés : habitat, mais aussi religion, avec la construction de temples et chapelles, éducation avec la construction de crèches et écoles, nourriture avec la mise en place de magasins d’alimentation (« Ravi » de la société Peugeot), santé et hygiène, avec la mise en place d’assurances pour les accidents et la construction de bains-douche, loisirs culturels et sportifs, avec entre autres la création de bibliothèques, la fondation de sociétés de gymnastique et la construction de gymnases, l’organisation de courses automobiles et cyclistes, et bien sûr, la création du Football Club de Sochaux Montbéliard par Jean-Pierre Peugeot en 1928.


Les cités ouvrières
Le Second Empire marque un tournant dans l’histoire industrielle du Pays de Montbéliard. Les ouvriers, de plus en plus nombreux, viennent de plus en plus loin. Plus question de rester au village ou de travailler à domicile. Les patrons doivent donc loger leurs ouvriers, chez eux d’abord, puis assez rapidement dans des cités construites spécialement pour cela. Loin de leurs familles, de leurs villages, les hommes perdent leurs repères et risquent de glisser à tout moment vers l’alcoolisme et la révolte sociale. Pour éviter cette situation, les patrons optent rapidement pour la construction de logements qui peuvent accueillir les familles. Plusieurs modèles sont présents, sur une large majorité des communes du territoire : logements collectifs de type « caserne », maisons mitoyennes à 2, 3 ou 4 logements et maisons individuelles. Tous les logements disposent d’une entrée individuelle et d’un petit jardin, permettant aux ouvriers d’occuper ainsi une grande partie de leur temps libre et fournissant un complément alimentaire appréciable.


Les châteaux patronaux
La construction des châteaux patronaux a accompagné l’essor des entreprises qui se sont multipliées au cours des XIXe et XXe siècles. C’est à proximité des usines que les patrons des industries Peugeot, Japy et autres se sont fait édifier une vingtaine de demeures entre 1850 et 1913. Ces propriétés sont pour la plupart concentrées au bord de cours d’eau comme le Doubs et le Gland, eux-mêmes à l’origine des premières installations manufacturières. Un grand nombre de châteaux se situe ainsi dans les communes de Valentigney, Audincourt, Hérimoncourt et Seloncourt. D’apparence assez modeste jusqu’au milieu du XIXe siècle, les châteaux gagnent par la suite en dimensions et en style, témoignant à la fois de la prospérité des affaires de leurs propriétaires et de l’évolution de leur mode de vie : parcs de plusieurs hectares agrémentés de serres, gloriettes… et parfois d’orangeries, dépendances, toitures complexes et éléments décoratif sur le logis… A partir de la fin des années 1970, ces châteaux ont été pour la plupart rachetés par les communes qui leur ont trouvé de nouvelles fonctions.

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