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Le patrimoine industriel

Usine Sous-Roches à Valentigney

En 1830, Constant Peugeot (1809-1877) et ses cousins Victor, Louis et Charles établissent une fabrique de pièces pour machines de filature (broches, cylindres cannelés) dans un moulin construit au début du 19e siècle, situé sur la rive gauche du Doubs. Constant est le fils de Jean-Jacques Peugeot (1777-1818), co-fondateur de la filature d'Audincourt située en face, sur la rive droite de la rivière. Démoli au début des années 1830, le moulin laisse place à une usine communément appelée Sous-Roches, agrandie en 1844 et 1846 (ateliers de construction et de mécanique, maisons). L'atelier, situé sur un bras de la rivière, est prolongé sur l'île et un bâtiment d'eau équipé de turbines est édifié en aval. En 1852, la société Constant Peugeot et Compagnie fait construire un pont sur le Doubs reliant Audincourt au lieu-dit Sous-Roches. En 1860, seule la partie avale de l'île est bâtie. A cette époque, l'établissement importe des aciers fondus spéciaux de Saint-Etienne, de Russie et d'Angleterre, et exporte en Suisse, Allemagne, Italie, Espagne et Belgique. Il fait venir annuellement 180 tonnes de houille et de coke du bassin de la Loire. L'usine est agrandie en 1862 (fabrique et atelier), 1869 (atelier des machines à coudre) et 1870.


Suite au départ de Louis et Charles Peugeot en 1863, Philippe Japy s'associe à son beau-père Constant Peugeot, donnant naissance à la société Peugeot Japy et Compagnie. De 1867 à 1904, la société fabrique des machines à coudre en fonte et acier pour la lingerie, la broderie, la cordonnerie et la ganterie. Une cité ouvrière est édifiée au sud de l'usine à partir de 1871 (Voir information concernant la cité ouvrière). En 1878, l'usine est réputée posséder "40 ateliers" : laminoirs, machines à forger, fonderie de fonte et de bronze, ateliers de construction de machines, ajustage, etc. Elle fonctionne grâce à quatre turbines de 70 chevaux chacune et une machine à vapeur de 150 chevaux, installée en 1872. Elle est équipée en 1898 d'une dynamo pour l'usage de l'énergie électrique. A la fin du 19e siècle, elle produit annuellement 500 000 à 800 000 broches de filature, des ailettes, des cylindres cannelés, des cylindres de pression, des plates-bandes de métier à filer. Vers 1900, l'île est déjà probablement entièrement bâtie, et le bras ouest du Doubs est comblé, à l'exception du canal d'amenée, partiellement couvert. Sont également construits l'actuel atelier des fins de séries (à l'extrémité nord) et les ateliers des culbuteurs (à l'ouest, bâtiments à structure en fonte avec de la brique en remplissage).


En 1957, la société se convertit dans la sous-traitance automobile (arbres de transmissions et de roues, axes de culbuteurs). De nouveaux ateliers (forgeage, ébauches) sont construits à l'ouest du site dans les années 1970 et 1980. En 1991, la société devient société anonyme Peugeot-Japy Industries. Un nouvel atelier (ébauches de crémaillères) est édifié vers 1997, agrandi fin 2001. En 2002, les ateliers utilisent mensuellement 2 500 tonnes d'acier en barre et en tube pour réaliser des pièces mécaniques destinées à l'industrie automobile : axes de fourchettes de boîtes de vitesses, axes de culbuteurs, crémaillères de direction, tiges d'amortisseurs. Un nouveau bâtiment est construit à l'extrémité ouest du site vers 2005. Ces bâtiments neufs, situés à l’arrière, sont entièrement métalliques, couverts de terrasses ou de sheds. L'Agglomération du Pays de Montbéliard a acquis l'ensemble des bâtiments situés sur l'île. La production devant être progressivement transférée à l'ouest du site, ils seront libérés d'ici quelques années. Une petite centrale hydroélectrique, reprise par un particulier, est toujours en service (une turbine).
L'usine emploie une dizaine d'ouvriers en 1830, 150 en 1842, 250 en 1859, 700 en 1878, 900 en 1899, 573 en 1926 et 351 en 1972. L'effectif est de 620 employés en 2002, et 550 en 2011.


Les bâtiments actuels datent des 2e et 3e quarts du 19e siècle et de la 2e moitié du 20e siècle. En 2002, l'usine Peugeot-Japy Industries s'étend sur 80 000 m² dont 31 000 m² de bâtiments. Essentiellement construits sur l'ancienne île, les bâtiments du 19e siècle couvrent 18 000 m². Un entrepôt industriel (ancienne fonderie), le bâtiment d'eau, l'atelier outillage-entretien mécanique et les bureaux sont en moellon enduit couverts de toits à longs pans et de tuiles mécaniques. Les bureaux, recouverts d'un essentage de matériau synthétique, possèdent un étage carré, et l'atelier outillage-entretien mécanique en possède deux. Les ateliers de fins de série et d'usinage sont en moellon enduit couverts de sheds et de tuiles mécaniques. L'atelier des axes de levier de vitesse est en parpaing de béton couvert d'un toit à longs pans en ciment amiante. L'atelier des axes de fourchettes bordant la route est en brique et possède un étage carré couvert d'un toit à un pan en métal.

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