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L'armement et le système de communication

Les communications

Le fort dispose de deux casemates optiques : celle située au Sud permet de communiquer avec le fort du Lomont, de la Dame Blanche à Besançon et avec la batterie des Roches à Pont-de-Roide ; celle installée au Nord permet de communiquer avec les forts du Mont-Vaudois à Héricourt, Lachaux à Grand-Charmont et du Salbert à Belfort.
Le système de communication utilisé à l’origine du fort se composait d'une source lumineuse, naturelle ou artificielle, ainsi que des lentilles et miroirs permettant de canaliser les rayons lumineux en un faisceau, mais aussi d'un obturateur pour émettre des signaux. Les signaux sont émis selon un code qui est convenu précédemment, et sont perçus à l’aide d’une lunette. Il existe alors deux types d’appareils de télégraphie optique, fonctionnant de jour comme de nuit : l’appareil de campagne, léger et transportable, et l’appareil de fort, encombrant et fixe.
L’appareil est placé au sein du fort dans l’axe de la gaine orientée en direction du Fort avec lequel on veut communiquer. La communication par la lumière du soleil, ou « héliostat », s’établit à travers une cheminée dans la voûte rendant possible le passage des rayons du soleil. La gaine permettant la communication avec le fort de la Dame-Blanche possède un diamètre plus important que les autres, car elle doit garantir la communication à une distance de 70 km et utilise ainsi un appareil optique avec une lampe à acétylène puissant. Cependant, l’utilisation de pigeons voyageurs peut se substituer à ce système, notamment en temps de brouillard. Enfin, depuis 1882 est venu s’ajouter un poste de télégraphie électrique, à côté des cuisines.

Scène de réception d'un message optique. (Dessin de Maxime Peroz)
Mise à feu du canon de la casemate Mougin. (Dessin de Maxime Peroz)

L'armement

Avec les progrès de l’armement, les forts imaginés par Séré de Rivières adoptent un tracé polygonal et non plus bastionné, car plus simple à établir et s’adaptant plus facilement à son environnement. Le fort du Mont-Bart a un plan pentagonal, avec une seule entrée protégée par un pont levis. Il est ceinturé par un fossé de 7 mètres de large et 6 mètres de fond et flanqué de quatre caponnières, alors qu’une batterie était installée à la place de l’actuel restaurant dans le but de protéger son entrée. Une autre batterie était située à la Roche aux Corbeaux pour bloquer son accès à l’ennemi.
Le fort est totalement dissimulé dans le paysage, à l’image de tous les forts Séré de Rivières, étant enterré sous quelques mètres de terre engazonnée et parsemée d’arbrisseaux aujourd’hui disparus. En conséquence, les troupes ennemies gâchaient leur munitions en tirant au hasard, ne sachant pas où se situait de manière exacte le Fort, et si les tirs l’atteignaient, ils touchaient la terre, mais non la maçonnerie.
Les progrès de l’armement, tels que l’apparition vers 1850 de l’artillerie rayée, améliorent la portée des tirs à 4000 mètres en 1870, puis à 6000 mètres. La construction de forts ou batteries étant capable de croiser leurs feux à cette distance est alors indispensable pour empêcher les troupes ennemies de passer ou de s’installer entre eux. Le Fort du Mont-Bart possède deux systèmes défensifs différents et indépendants.

Un système fondé sur la défense lointaine avec de l’artillerie lourde pour les tirs de longue portée :
- Les canons sont situés sur les 14 plates-formes de tirs le long du rempart. Cette « allée de ceinture » dessert les positions d’artillerie, alternativement plate forme et abri sous traverse, abritant les canonniers quand les tirs deviennent trop dangereux, ou encore servant de magasin pour les munitions ;
- D’autres canons sont installés sous casemates pour être davantage protégés. Des canons de 138 mm étaient en batterie dans les deux caves à canon et les deux casemates blindées du Fort du Mont-Bart ;
- En 1882, le Commandant Mougin établit au sein du fort du Mont-Bart un prototype de casemate, avec douze canonniers, sensée être indestructible. La mise à feu est électrique et lors d’un tir, le recul de l’affût est réduit grâce à la présence de freins hydrauliques. La casemate se caractérise par sa forme en trapèze, mais aussi par son plafond constitué de quatre plaques de fonte. Elle est recouverte d’un mètre de béton, de 2,5 mètres de sable et de 40 centimètres de terre. Elle est protégée durant le rechargement du canon grâce à un verrou en fonte de 7 tonnes qui obture l’ouverture entre deux tirs.

Un système fondé sur la défense rapprochée : ce système s’appuie sur des caponnières, casemates spécialisées dans la protection des fossés.

Vue depuis le Mont-Bart : plates formes de tir et abris sous traverse enterrés.

Les poudrières et magasins à cartouches

Chaque pièce importante du fort est renforcée grâce à des voûtes épaisses, elles-mêmes situées sous plusieurs mètres de terre: c’est le cas des casemates blindées, des poudrières, ou encore des magasins à cartouches. Jusqu’à 590 000 cartouches peuvent être stockées dans les deux magasins, tandis que les deux poudrières peuvent contenir 110.000 kg de poudre. Un magasin à cartouche est plus petit qu’une poudrière, mais ces deux pièces, de forme rectangulaire, sont architecturalement similaires.

Ces salles sont pensées pour lutter contre l’humidité. Tout d’abord, une dalle en béton supporte un plancher en bois, surélevé pour favoriser la circulation de l’air. Des ouvertures permettent l’évacuation de l’humidité. Enfin, les endroits n’étant pas au contact de la terre, tels que les sols des couloirs ou des vestibules, constituent des gaines d’assèchement.
L’éclairage de ces salles y est indirect dans le but d’empêcher tout risque d’étincelles et donc d’explosion. Ainsi, des ouvertures, protégées par des vitres de 20 mm d’épaisseur recouvertes d’un grillage, situées sur le mur du fond, donnent dans un couloir que l’on nomme chambre des lampes. Dans cette chambre, on installe une lampe sur le rebord des ouvertures, ce qui permet l’éclairage extérieur des salles qui en bénéficient. De plus, pour prévenir les risques, chaque pièce métallique qui peut être en frottement avec d’autres et entraîner des étincelles, telle que les serrures ou les grilles, sont faites de bronze, tandis que seuls quelques soldats équipés spécifiquement (ex : sabots sans clous) ont accès à ces salles.

Au départ, les magasins à cartouche et poudrières, situés au centre du Fort, étaient suffisamment protégés grâce à la voûte et les 6 mètres de terre qui la recouvraient. En effet, la poudre utilisée, nommée « poudre noire », n’était pas assez puissante pour permettre aux obus de traverser profondément la terre, et de toucher ainsi la maçonnerie du fort. Cependant, dès 1885, la poudre B sans fumée utilisée comme charge propulsive et la mélinite comme charge explosive, remplacent la « poudre noire ». Les obus sont eux aussi améliorés, ils contiennent davantage d’explosifs du fait de parois en acier plus fines et disposent d’un dispositif réglant leur éclatement. Lors des tirs, ils explosent au contact de la maçonnerie et la détruisent.
Un nouveau type d’obus, l’obus torpille, s’avère également extrêmement dangereux pour le fort, car il peut perforer la voûte des magasins à cartouches ou des poudrières et faire exploser poudre et munitions, endommageant ainsi l’ensemble du fort. Aussi, une poudrière caverne, creusée à 15 mètres de profondeur dans la roche, est-elle construite en 1889, et dispose d’un wagonnet qui permet d’acheminer poudre et munitions. Elle appartient à un complexe défensif constitué de la casemate cuirassée, de la double caponnière et de deux plates formes de tirs. Sa localisation en profondeur assure la protection des stocks de munitions.

Vue d'une poudrière. Au fond, on observe les ouvertures donnant sur la chambre des lampes. (JM. Domon)
La Chambre des lampes (JM. Domon)
La Poudrière caverne (JM. Domon)

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