OK
Le patrimoine industriel

Au tout début des années 1860, Gustave Cuvier (1821-1906) convertit en fonderie de seconde fusion sa petite usine de produits chimiques. Il l'avait établie en 1850 sur la rive gauche du Gland à la demande de la municipalité. La société Cuvier Fils effectue sa première coulée en 1863. La fonderie traite la fonte de fer, le bronze et le laiton, et fournit les Ets Peugeot Frères en pièces diverses (articles de quincaillerie, moulins à café, machines-outils). Peu après, un atelier d'usinage des pièces coulées est construit (rabotage, tournage, perçage). Sous la direction de l'ingénieur Rodolphe Perdrizet, cet atelier étoffe ses productions : transmissions (paliers, arbres, engrenages), machines-outils (presses à balancier, petits laminoirs, découpoirs, machines à tronçonner, à trancher ou à écorcer, batteuses, etc.) et moteurs à pétrole et à vapeur. Devant le succès rencontré par l'entreprise, l'usine est de nouveau agrandie dans la décennie 1870, et une seconde fonderie est établie à Héricourt vers 1884.

En 1889, l'arrivée de l'ingénieur Henri Wyss donne un nouvel élan à l'entreprise (fabrication de pièces pour l'industrie naissante de la bicyclette). Il en devient gérant en 1903, lorsqu'est constituée la société Wyss et Cie qui remplace les Ets Cuvier Fils, ce qui entraîne un agrandissement et une modernisation de l'usine : ateliers équipés de ponts roulants électriques, nouveaux cubilots, grues tournantes, ventilateurs, pompes, compresseurs et machines à mouler pneumatiques ou hydrauliques, établissement d’une machine à vapeur (1908). En 1905, Robert, fils d'Henri Wyss, ainsi que son gendre Gustave Kuntz, sont associés à la direction de l'entreprise. C'est vraisemblablement à cette période que le bâtiment de l'horlogerie Jules Coulon, fondée en 1850, est annexé et converti en cantine par la société Wyss. Celle-ci participe à l'effort de guerre pendant le premier conflit mondial (pièces pour chars d'assaut, grenades). A l'issue de celui-ci, l'usine est de nouveau agrandie. Outre les fabrications classiques que sont les éléments de transmission, machines-outils et organes moteurs (enrouleurs automatiques de courroies, embrayages à friction et démarreurs Benn, variateurs de vitesse), l'établissement produit des pièces de fonderie sur modèle pour Alsthom ou Peugeot (carcasses de moteurs, poulies de ventilateurs). En 1936, il prend pour nom Kuntz-Wyss et Cie.

Après l'arrêt d'activité de la fonderie en 1962 (ou 1964 ?), les bâtiments sont acquis par la commune puis démolis, à l'exception de l'atelier de construction mécanique, converti en salle polyvalente, et du bâtiment des bureaux. Le site est aujourd'hui occupé par un stationnement, le monument aux morts, une caserne de pompiers et une salle polyvalente. L'effectif est de 120 ouvriers en 1912, 211 en 1926 et 200 en 1957 (dont 50 ajusteurs, tourneurs, fraiseurs à l'atelier de construction mécanique et 40 modeleurs et mouleurs).

Pays de Montbéliard Agglomération - Service animation du patrimoine
8 avenue des Alliés - BP 98407 - 25208 MONTBELIARD CEDEX
Tél. 03 81 31 87 80 - Fax 03 81 31 84 89
http://www.agglo-montbeliard.fr/http://www.vpah.culture.frhttp://www.culture.gouv.fr
Pays de Montbéliard Agglomération - 8 avenue des Alliés - BP 98407 - 25208 MONTBÉLIARD Cedex - Tél. 03 81 31 88 88