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Le patrimoine industriel

Cités ouvrières liées aux usines Japy à Fesches-le-Châtel

Cité des Boulets Montants - Vue d'ensemble de la rue Octave Japy © Mongreville, Jérôme
Cité Octave Japy - Immeubles de 4 logements (côté pair) © Mongreville, Jérôme
Cité des Voironnes - Immeuble © Mongreville, Jérôme
Pension alsacienne, actuellement logement - Façade antérieure. Entrée principale © Mongreville, Jérôme

Cité ouvrière des Boulets Montants

Il s'agit de la première cité ouvrière construite pour loger les ouvriers des usines Japy du Rondelot, de la Casserie (voir notice) et de Lafeschotte du Haut (voir notice). La société Japy Frères et Cie crée une société immobilière en 1864, renouvelée en 1874, véritable maître d'ouvrage du programme de construction. La première tranche commence par la construction de 12 maisons individuelles, terminées en 1868 et situées au sud de la rue des Boulets Montants (actuelle rue de Belfort). Peu après, le projet prévoit de lotir le côté ouest de la rue des Grands Boulets (actuelle rue Octave Japy). Treize maisons individuelles sont construites, mais un plan précise que huit seulement sont la propriété de la société Japy. Le côté nord de la rue des Boulets Montants est lotie de huit maisons (quatre doubles et quatre individuelles) au début des années 1870. La rue du Puits, comprenant huit maisons individuelles et une maison double, et celle des Grandes Maisons (actuelle rue d'Alsace), contenant sept maisons à deux logements et deux à quatre logements (dites "pension") sont également loties au milieu des années 1870, achevées pour la plupart en 1880. Un asile (école) est bâti en 1881-1882 dans ce nouveau quartier. Associés dans le cadre du Comptoir des Quincailleries réunies, les sociétés Japy Frères et Viellard-Migeon et Cie font construire trois maisons en 1878-1879 rue du Comptoir (actuelle rue de la Libération), et une quatrième en 1884 ("pension" destinée aux agents du Comptoir des Quincailleries réunies). Enfin, plusieurs maisons sont bâties au début des années 1880 par la société Japy Frères. Deux habitations, dites "A et B du Bois" et abritant chacune 8 logements, sont construites à la fin du 19e siècle. La société rachète au début du 20e siècle les maisons de la rue Octave Japy, et est propriétaire de 14 des 17 habitations en 1933. L'ensemble de ce patrimoine immobilier, soit une soixantaine d'édifices, sera progressivement cédé à la liquidation de la société. La cité se compose aujourd'hui d'une soixantaine de maisons identifiables, même si certaines ont été fortement modifiées. Elles sont toutes construites en moellon de calcaire enduit et couvertes d'un toit à longs pans en tuile mécanique. On peut distinguer quatre types différents. Les 39 maisons individuelles comprennent pour la plupart un sous-sol et un étage en surcroît. Quelques-unes, situées rue Octave Japy, possèdent néanmoins un étage carré. Les 12 maisons jumelées, composées de deux logements accolés, ne comportent qu'un étage de comble. Cinq habitations, renfermant à l'origine de deux à quatre logements, sont pourvues d'un sous-sol et d'un étage carré. Enfin, la cité renferme deux immeubles, abritant chacun à l'origine huit logements, pourvus d'un étage carré et d'une élévation à huit travées en façade antérieure.

Cité ouvrière Octave Japy

Deux premières habitations collectives, de type « caserne », sont construites en 1892-1893 par la société Japy Frères et Cie. L'immeuble sud, qualifié de "cité Octave Japy", abritait 18 logements. Celui construit dans son prolongement nord, dénommée "cité C", ne renferme que 10 appartements. Ces habitations sont construites en moellon de calcaire enduit. L'une possède trois entrées en façade, distribuant les logements sur un rez-de-chaussée surélevé et deux étages carrés, alors que la seconde ne possède que deux entrées en façade antérieure, desservant un rez-de-chaussée surélevé et un seul étage carré. Cette dernière a conservé une galerie en bois à l'étage de la façade postérieure. Deux autres habitations, dites "maisons ouvrières n° 1 et 2", sont construites à l'est de la rue vers 1907, abritant quatre logements chacune. Ceux situés à l'étage étaient desservis par un escalier en bois, protégé par une cage fermée couverte d'un appentis, et situé sur chacun des pignons. Seule l'habitation sud a conservé ses deux cages latérales.

Cité ouvrière des Voironnes

La cité des Voironnes est construite entre 1919 et 1921 par la société immobilière de Fesches-le-Châtel pour loger les ouvriers des usines Japy de la vallée de la Feschotte. Elle comprend 12 maisons jumelles, numérotées de A à L, communément appelées "cités Bonnami", du nom d'un ingénieur de Japy Frères. Chacune des douze maisons abrite deux logements, disposés sur un rez-de-chaussée et un étage de comble. Elles sont construites en maçonnerie enduite, et couvertes d'un toit à deux pans en tuile mécanique. Chaque logement dispose d'une entrée indépendante et d'un jardin.
Une habitation collective, dénommée Cité R sur la matrice cadastrale (et M sur un plan postérieur), a été construite à l'ouest de la cité vers 1930. Elle abritait à l'origine 12 logements. Reprenant un modèle visible à la cité Octave Japy, elle est bâtie en moellon de calcaire enduit. Elle possède à l'étage carré une galerie de circulation en bois qui desservait les logements via un escalier placé sur chaque pignon. Seul l'escalier oriental est encore en place.
Le parc immobilier a été cédé en 1955 à la société coopérative des Habitations à Loyer Modéré de Fesches-le-Châtel.
 
Immeuble dit pension alsacienne

Dénommé "Pension alsacienne" sur un projet de plan daté de 1923, cet immeuble est construit en 1925 avec une légère variante (sept travées en façade au lieu de six). Vraisemblablement construit par la société immobilière de Fesches-le-Châtel, il devait servir à loger des célibataires venus travailler aux usines Japy Frères. Selon le plan, le sous-sol semi-enterré abritait la buanderie, la chaufferie, la cuisine et le réfectoire ; le rez-de-chaussée surélevé renfermait une cuisine, une salle à manger et 6 chambres, les deux étages carrés en contenaient 20 et l'étage en surcroît 4 autres, soit un total de 30 chambres. Un projet, daté de 1926, prévoyait l'extension du bâtiment vers l'est (24 chambres supplémentaires). Il est resté sans suite, mais nous apprend que le projet réalisé renfermait un oratoire, une salle de couture et huit chambres au rez-de-chaussée, et 24 chambres dans les étages carrés, en lieu et place du projet de 1923. Construit en moellon de calcaire enduit, l'immeuble abrite désormais des logements. On accède à l'unique entrée par un escalier tournant en maçonnerie à deux volées.

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