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Le patrimoine industriel

Papeterie de Mandeure

Un moulin est attesté sur la carte de Cassini en 1760 sur la rive droite du Doubs. Il appartient en 1836 aux héritiers de Jacques Maillard-Salin et comprend également une huilerie. Rodolphe Paravicini acquiert le moulin en 1843, auquel il adjoint une maison cette année-là. Il entreprend la reconstruction du barrage en maçonnerie à la fin des années 1850. Le décret du 20 juillet 1867 réglemente le régime hydraulique et autorise le maintien de l'usine Paravicini-Maillard, composée d'une scierie, d'un battoir et d'un moulin à blé. En mai 1868, le sieur Paravicini-Maillard, propriétaire, souhaite "construire un mur de fuite en vue d'une transformation prochaine de ses usines". Le moulin est démoli en 1869 et laisse place en 1869-1870 à une usine de pâte à papier. L'établissement est acquis en novembre 1871 par la société suisse "pour la fabrication de pâte à bois de Grellinger", basée à Bâle. La matrice cadastrale signale divers agrandissements : un atelier en 1872 et un séchoir en 1875. En 1881, la société demande l'autorisation de construire des "bâtiments sur la rive droite à côté et à l'amont de la fabrique actuelle" dans le but de convertir la fabrique de pâte à papier en usine de papeterie. Les travaux durent jusqu'en 1883 et comprennent les ateliers des piles raffineuses et de la machine à papier, le bâtiment des turbines et de la dynamo, les magasins des matières premières et des produits fabriqués, le bâtiment des chaudières et divers équipements (voie ferrée, monte-charge). À l'extrême fin du 19e siècle, l'usine est encore agrandie (abri de la pompe, hangars à écorces, à bois, et à outils, réfectoire, conciergerie, atelier des calandres et "nouveau bâtiment des machines").

Après la Première Guerre mondiale, la papeterie délaisse les produits ordinaires (journal, brouillon) pour fabriquer du papier pour machines à écrire et pour dossiers blancs, bulles et couleurs, dont la production journalière atteint 10 tonnes en 1923. Après l'installation d'une nouvelle machine à papier en 1952, l'usine se spécialise dans la fabrication de papier épais et spéciaux (100 à 450 g/m²) pour machines mécanographiques, l'écriture, l'impression et la photographie industrielle. La production annuelle progresse de 4 000 t en 1955 à plus de 6 000 t en 1965. La papeterie utilise à cette époque 30% de bois français, ainsi que des bois américains et scandinaves livrés par voie fluviale. L'outil de production est modernisé et informatisé en 1987-1988. Filiale de la holding suisse Holzstoff SA, la papeterie est intégrée depuis 1990 au groupe Exacompta Clairefontaine. Elle s'est spécialisée dans la billetterie magnétique, dont elle est l'un des leaders européens (tickets de métro, transport aérien et ferroviaire, stationnement, etc.) et fabrique aussi des papiers spéciaux (emballages pour produits de luxe) et des papiers cartons et bristols (couvertures et intercalaires de cahiers). La production est passée de 15 000 t en 1988 à 30 000 t en 2002 et 2008. D'importants travaux menés entre 1997 et 2004 ont permis de doubler la surface bâtie, en construisant sur le tracé du bief de dérivation.

La papeterie emploie 150 ouvriers en 1900, 176 en 1912 et 1926, 180 en 1950, 92 en 1965 et 134 employés en 2002.

La plupart des bâtiments industriels, datant du 3e quart du 19e siècle, étaient en rez-de-chaussée, construits en moellon de calcaire enduit et couverts de toits à longs pans en tuile mécanique. Deux magasins de stockage, ainsi que la cheminée et l'ancienne chaufferie (?), sont cependant bâtis en brique. Ce dernier édifice est couvert d'un toit à croupes en tuile mécanique. L'ancien atelier de façonnage, qui abrite aujourd'hui des bureaux et la maintenance, possède une élévation à travées sur deux étages carrés. Les nouvelles constructions (1997-2004) sont pourvues d'une ossature métallique, avec essentage et couverture métalliques. La demeure abritant les bureaux et le logement de fonction du directeur est construite en moellon de calcaire enduit, à deux étages carrés, et couverte d'un toit à longs pans et à croupes. Antérieure à l'établissement du cadastre (1836), elle est pourvue de murs très épais, évoquant une maison fortifiée. La cité ouvrière est bâtie aux n° 30 à 94 de la rue du Pont, et se compose de huit habitations abritant chacune quatre appartements. Elles sont construites en moellon de calcaire enduit, et comprennent un sous-sol et un étage carré. Chaque façade abrite deux entrées indépendantes. Des dépendances, aujourd'hui fréquemment transformées en garage, étaient situées contre les pignons nord et sud de chaque maison.

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