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Le patrimoine industriel

Usine de construction automobile Peugeot à Sochaux

En 1910, la toute nouvelle Société Anonyme des Automobiles et Cycles Peugeot (SAACP) décide de construire une nouvelle usine dans la plaine située entre le village de Sochaux et la ville de Montbéliard. Construite à proximité de l’usine de construction automobile Rossel et de la fonderie Louis Peugeot, l’usine est originellement dédiée à la fabrication de camions et de véhicules utilitaires. D’une superficie de 20 000m², elle emploie 400 personnes et produit près de 6 000 camions pendant la Première Guerre mondiale. Un atelier des presses hydrauliques est construit pour l’emboutissage d’ébauches d’obus. En 1916-1917 est bâtie une forge, prévue pour la fabrication annuelle de 12 000 camions et voitures, ainsi que 10 000 cycles et motocyclettes. Flanquée d’un atelier d’outillage, elle est située à l’ouest du site, sur la commune de Montbéliard. A l’est du site, la fonderie Louis Peugeot est absorbée par la SAACP et agrandie. Dès 1917, Robert Peugeot, directeur de la société, acquiert 200 ha dans la plaine en prévision d’une nouvelle expansion. En 1920, l’usine possède une capacité de production mensuelle de 300 camions et de 50 tracteurs, avec 1 300 ouvriers. Les premières automobiles sorties de l’usine sont les modèles Torpédo cabriolet (1921) et la Quadrilette Grand Sport (1924).

En 1926, un vaste atelier de carrosserie est bâti au sud de la route reliant Montbéliard à Sochaux. Cette même année, la Société Anonyme des Automobiles et Cycles Peugeot est scindée en deux branches, et l’activité se poursuit à l’usine de Sochaux avec la Société Anonyme des Automobiles Peugeot (SAAP). De 1928 à 1932, le site connaît une profonde restructuration, incluant une nouvelle logique organisationnelle et une rationalisation des flux. Qualifié d’ « usine du Grand Sochaux », ce projet prévoit le regroupement de la production automobile, auparavant disséminée sur plusieurs sites (Audincourt, Beaulieu-Mandeure et région parisienne), et l’abandon de la fabrication des camions. De nouveaux bâtiments sont construits : l’atelier de mécanique (36 000 m²), le bâtiment de stockage (cinq étages pour 26 000 m²) à l’est de la carrosserie. D’autres sont déplacés : l’atelier d’emboutissage est transféré vers l’ouest, près de la forge, tandis que la fonderie s’étend vers l’est. L’usine Rossel, fermée en 1923, est annexée et reçoit un atelier de modelage. Dès 1929 est lancée la production en grande série de la 201 (150 voitures/jour). En 5 ans, la surface construite passe de 105 000 à 220 000 m², sur un site de 50 hectares.

La production d’automobiles passe de 1 543 unités en 1920, à près de 17 000 en 1925, et 41 000 en 1930. L’effectif passe de 2 000 ouvriers en 1926, à 7500 en 1930, 11 000 en 1935, puis 15 000 en 1937. En 1930, 20 000 chevaux sont nécessaires pour l’appareil de production, fournies par un transformateur électrique et des sous-postes, une centrale gazogène et 3 chaufferies. Le réseau ferré atteint 20 km. L’usine comprend une atelier de mécanique, un atelier d’usinage et de montage châssis flanqué de magasins de stockage, un atelier d’outillage général, un atelier d’entretien pour machines-outils, un atelier de stockage pour voitures en sortie de chaîne, une fonderie, une forge (marteaux à estamper à air comprimé, fours à réchauffer et batteries de fours de traitement thermique pour la trempe et la recuisson) et un atelier d’emboutissage (hall des presses), un atelier d’outillage, un atelier de carrosserie.

Divers équipements à vocation sociale voient également le jour vers 1930 : un cercle, deux hôtels, une buanderie, des bains-douches, deux hôtels et des immeubles de dortoirs. En outre, deux cités ouvrières voient le jour : l’une, située au nord sur la commune de Montbéliard, appelée cité du Congo (voir notice), et l’autre, à l’est sur la commune de Sochaux, appelée cité du Maroc (aujourd’hui détruite).

Après la Seconde guerre, l’usine connaît une nouvelle extension, la surface bâtie passant de 280 000 à 575 000 m² entre 1950 et 1960. A partir de 1954, des travaux de drainage de la plaine, dite « Zone Allan sud » permettent d’implanter de nouveaux ateliers de mécanique, de tôlerie et d’entretien général, ainsi que des parkings de stationnement avant expédition. Une partie des magasins généraux et l’école d’apprentissage sont détruites pour laisser place à immeuble de bureaux, le « Building Centre », inauguré en 1963. En 1966 est fondée la holding Peugeot SA, qui concentre son activité automobile dans la Société des Automobiles Peugeot, qui devient PSA (Peugeot Société Anonyme). La raison devient de PSA Peugeot Citroën en 1976. La capacité de production annuelle passe de 105 000 véhicules après la Seconde Guerre, à 220 000 en 1960, pour atteindre près de 550 000 unités en 1973. Parallèlement, le nombre de salariés progresse de 20 500 en 1960, à 25 700 en 1968, 30 000 en 1970 pour culminer à 39 000 salariés en 1978. A partir de 1986, la dérivation de l’Allan permet de gagner de nouveaux terrain au sud pour établir un atelier de peinture, une carrosserie « habillage Caisses » et un atelier de montage. En 2012, le site s’étend sur 259 hectares, compte 30 km de routes et 28 km de voies ferrées, et emploie 12 000 personnes. Pour le centenaire de son existence, l’usine a sorti en 2012 le 20 millionième véhicule.  

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