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Le patrimoine industriel

Usine d'horlogerie et de mécanique de précision Roux et Cie à Montbéliard

Plan général de M. V.A. Roux à Montbéliard, s.d. [1858] - calque, échelle 1/100, Montbéliard, s.d. [1858] ) - lieu de conservation : Archives départementales du Doubs, Besançon

Fondée vers 1773 suite à l'aménagement d'une chute sur le canal de la machine hydraulique du château de Montbéliard, l'usine de la petite Raisse, située au lieu-dit la Prairie, a consisté en une petite scierie, avant d'abriter un tissage à bras.  En novembre 1833, Albert Roux l’acquiert et y établit une fabrique d'horlogerie de gros volume. L'origine de cette affaire remonte à 1823, date à laquelle l'horloger-mécanicien Jean Vincenti fonde la société Vincenti et Cie. Il installe dans un local du château de Montbéliard un atelier de fabrication en série de mouvements de montres et de pendules. Dissoute en 1828, la société laisse place à une autre affaire en octobre 1829, toujours dénommée Vincenti et Cie, à laquelle Albert Roux s'associe. Assez rapidement, la production annuelle atteint 8 000 mouvements d'horlogerie. Outre les pièces de gros volume, la fabrique monte en 1830 des mécanismes pour boîtes à musique, lampes à huile Carcel, métronomes, compteurs de filature et miroirs aux alouettes.

Outre une maison située en face de l’usine d’origine, Albert Roux fait construire de nouveaux ateliers et des bureaux, et s'installe au début de l'année 1834. L’usine en 1840 dispose d'une roue hydraulique avec une chute de 1 m. L'arrêté préfectoral du 26 février 1846 autorise le maintien d'une machine à vapeur de 6 ch pour actionner les tours à métaux de la fabrique d'horlogerie de la Prairie, remplacée par une machine plus puissante en 1858 (10 ch). Un logement d'ouvriers et une maison sont construits, respectivement en 1850 et 1856. Amédée Roux succède à son père en 1858, année de création de la nouvelle société Amédée Roux et Cie, qui poursuit la fabrication de mouvements de pendule et de carillon, de réveils de voyage, de récepteurs Morse, de régulateurs de chemin de fer, de rouages pour compteurs à eau et à gaz, etc. L'usine est agrandie en 1864 ("maison et fonderie"). A la fin de cette année, l'usine fabrique 5500 mouvements de pendule par mois. Vers 1890, elle se lance dans la production de mouvements de phonographes, des compteurs à prépaiement, puis des compteurs automobiles, taximètres, indicateurs de vitesse, cylindres enregistreurs, allumeurs-extincteurs, constateurs d'arrivée de pigeon-voyageurs. Vendus d'abord à Paris et dans le Jura, ces produits touchent une clientèle en Suisse, Belgique, Angleterre et Etats Unis. Ils sont récompensés aux expositions de Paris de 1834, 1839, 1844, 1849, 1855 et 1867.

Une fonderie et un atelier de laminage du laiton sont aménagés vers 1895. En 1902, la fabrique est de nouveau agrandie et équipée d'un local pour la machine à vapeur. L'usine ferme ses portes en 1929. Le site est acquis par la commune, et une partie de l'usine a été détruite en 1953. L'atelier de fabrication à étages a été démoli en 2002, à l'exception de l'extrémité orientale. Construite en moellon de calcaire enduit et couvert d'un toit à croupe, la partie subsistante compte trois étages carrés. Le troisième niveau (rehaussé ?) semble construit en pan de bois, et la toiture débordante est soutenue par des aisseliers en bois. Le logement patronal, situé en face, quoique modifié au cours du 20e siècle, présentait un étage carré et un étage en surcroît, couvert d'un toit à longs pans.

Effectif de l'usine

Année

Nombre d'ouvriers

1833

200

1859

300

1863

400 ouvriers et environ 40 apprentis

1926

57

 

 

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