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Le patrimoine industriel

Filature Japy à Exincourt

Filatures et tissages Japy [vue cavalière des usines d'Audincourt et d'Exincourt] - Dessin, s.n., s.d. [1923] - tiré de " L'Illustration économique et financière ", [...], 1923, p. 91.

En 1893-1894, les frères Philippe et Marcel Japy font construire une filature spécialisée dans le coton jumel cardé (fil à coudre et pour confection de bas). D'une superficie de 3000 m², la salle de filature est équipée de matériel de la Société Alsacienne de Constructions Mécaniques. Cette dernière assure également l'installation des machines à vapeur, des chaudières, du système de transmission et de l'éclairage électrique. La filature comptabilise 10 000 broches actionnées par une machine à vapeur horizontale Corliss. Une seconde machine à vapeur horizontale, couplée à une dynamo, assure l'éclairage électrique de l'établissement (200 lampes). La filature qui emploie 100 ouvriers est exploitée par la société Philippe-Marcel Japy et Cie, fondée en janvier 1894.

Elle est agrandie au tout début du 20e siècle ("atelier de filature, bascule, bureau, hangar à coton, voie ferrée et halle couverte"). En 1902, l'usine met en jeu 18 000 broches  et le site est desservi par un embranchement ferroviaire particulier. En 1914, la société Philippe-Marcel Japy et Cie est rebaptisée société des Filatures et Tissages Japy (300 ouvriers), et acquiert coup sur coup l'usine textile Sahler, située à Audincourt (renvoi page), et le tissage de coton Koechlin (146 personnes) à Exincourt. Jouxtant la filature Japy au sud-ouest, cette usine avait été fondée à partir de 1895 par Isaac et Paul Koechlin, originaires de Willer-sur-Thur (67). Ces deux usines textiles fusionnent en un seul et même établissement à cette occasion. Egalement actionné par une machine à vapeur, le tissage Koechlin compte 450 métiers à tisser en 1902, et 472 en 1914. En 1927, la société des Filatures et Tissages Japy emploie 857 personnes sur trois sites, dont celui de Baume-les-Dames (25), et effectue les opérations de filature (coton jumel et d'Amérique), de retordage, de moulinage, de gazage et de tissage mécanique (190 métiers à tisser et 35 234 broches). L'activité de tissage cesse vers 1939. Cette même année, le tiers de la production de filés est absorbée par la société Michelin, le reste étant vendu aux tissages, tricotages et usines de passementerie et de broderie. L'atelier de filature est agrandi vers le nord, vraisemblablement vers 1952.

Suite à la fermeture de l'usine d'Audincourt en décembre 1965, l'activité de filature est recentrée à Exincourt avec du matériel modernisé (machines anglaises), permettant une production quotidienne de 8 t de fil de coton et synthétique. L'effectif n'est plus que de 87 personnes en juin 1965, puis 150 jusqu'en 1975 et 120 en 1987. En 1985, la société Japy Textile cède sa participation à l'industriel Alain Charmy, qui acquiert du nouveau matériel et qui automatise la production. En 1987, la production atteint 1700 t, destinée aux tissages, aux tricotages, à l'ameublement, etc. Malgré une production journalière de 9 t de fil, l'entreprise dépose son bilan et cesse son activité en 1989. Les ateliers du tissage, désaffectés vers 1939, sont convertis en entrepôts à la fin des années 1950 par la société des Coopérateurs de Lorraine. Ils sont investis vers 1970 par la SAMCE (négoce de charbon puis de matériaux de construction), devenue SAC, et sont aujourd'hui occupés par diverses entreprises. Les locaux de la filature sont pour partie occupés comme lieux de stockage par des sociétés commerciales et pour partie désaffectés.

Les bâtiments datent du 4e quart du 19e siècle et des 1er et 3e quarts du 20e siècle. Les ateliers de tissage et de filature sont en rez-de-chaussée, construits en moellon de calcaire enduit et couverts de shed. Ils sont pourvus de charpentes métalliques soutenues par des poteaux en fonte. L'extension nord de la filature est construite en parpaing de mâchefer. Les magasins et entrepôts sont couverts de toits à longs pans en tôle ou en tuile mécanique. L'entrepôt industriel situé au sud est pourvu d'une charpente en bois ; son pignon est bardé de planches. La conciergerie possède un étage de comble. Le transformateur est couvert d'un toit à croupe en tuile mécanique.

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