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L'Antiquité

Restitution hypothétique d'un pont et d'un habitat gallo-romains (Source : SEM 1989 - Les sites gallo-romains de Brognard-Etupes par B.Petit et G.Aimé)

Si les échanges avec le monde romain s’étaient déjà développés à l’époque gauloise, le Pays de Montbéliard, avec la conquête de la Gaule par César, devient partie intégrante du futur empire romain et plus particulièrement de la Provincia Sequanorum, région marquée par la confluence de la grande voie militaire joignant Lyon aux villes du Rhin et de la voie secondaire reliant Soleure (Franches-Montagnes) à Luxeuil.
Un pont romain ayant connu plusieurs phases de construction et un entretien régulier a été étudié à Brognard en 1988 dans le cadre de la dérivation de l’Allan. Ce pont en bois, daté par dendrochronologie, avait une hauteur estimée de 10 m, pour une longueur de 64 m puis 102 m.
Il constituait probablement le point de franchissement principal de l’Allan par la voie d’Agrippa (Lyon-Mandeure-Strasbourg), identifiée à Etupes et Brognard. Des voies secondaires se greffaient sur cette voie principale composée d’une couche de graviers fins surmontant des gros galets de rivière et des pierres plates en calcaire. Le territoire était en effet également sillonné de voies secondaires qui en favorisaient l’exploitation.

Des fermes, les villae, assuraient l’exploitation du territoire. L’une d’entre elles, en exploitation du 1er au IVe siècle de notre ère, a été fouillée à Valentigney, à l’emplacement du collège des Tâles. Le corps principal du bâtiment comportait deux tours d’angle, plan assez répandu en Gaule. Cette ferme comportait une cave de 7,50 x 5 m éclairée par des soupiraux, à laquelle on accédait par un escalier de bois et modifiée par la suite. Un puits était destiné à éviter les infiltrations d’eau dans le bâtiment situé en contrebas. Des hangars complétaient l’ensemble.

Des témoignages de l’occupation antique ont également été retrouvés sur les communes de Bavans et Etupes, avec notamment la fouille d’un habitat gallo-romain abritant une forge au lieu dit « Prés Millery ». Ce bâtiment était construit en terre et en bois avec une couverture probablement en chaume, à proximité d’une voie. La forge a fonctionné au Ie et IIe siècles de notre ère.

Mais c’est l’agglomération d’Epomanduodurum (Mandeure) qui concentrait l’essentiel de la population du territoire à cette période. A l’origine, Epomanduodurum est un centre économique et religieux gaulois implanté autour d’un prestigieux sanctuaire (fin du IVe ou début du IIIe s. av. J.-C). L’importance religieuse du lieu explique sans doute que le bourg se soit développé jusqu’à devenir une prospère agglomération gallo-romaine, dotée de prestigieux édifices (thermes, temples, théâtre…) présentant une grande richesse ornementale. La ville d’Epomanduodurum devient ainsi à l’époque romaine la deuxième de Séquanie par son importance, après la capitale de cité Vesontio (Besançon). Cette vaste agglomération de 180 hectares s’étendait sur les communes actuelles de Mandeure et de Mathay. Située dans un méandre du Doubs, elle occupait une position stratégique au débouché de la plaine d’Alsace, entre Vosges et Jura, sur la voie de communication qui relie le Rhin au Rhône par le Doubs et la Saône, à un endroit qui constitue un point de rupture de charge. C’est très probablement là que les marchandises, acheminées jusqu'ici par voie d'eau, devaient être déchargées pour pouvoir être transportées ensuite par la voie terrestre passant entre les Hautes Vosges et l'arc des plis du Jura (trouée de Belfort), vers les agglomérations ou établissements militaires s'échelonnaient le long du Rhin. La variété des importations de céramiques trouvées à Mandeure témoigne du dynamisme des échanges commerciaux à longue distance pendant tout le Haut-Empire. Après le retrait des militaires romains dans la seconde moitié du IIIe s. de notre ère, l'agglomération romaine de Mandeure ne se trouve plus qu'à une soixantaine de kilomètres de la nouvelle frontière rhénane de l'Empire, ce qui renforce son intérêt stratégique, aussi bien sur le plan militaire que du point de vue économique et commercial. La ville reste donc parfaitement insérée dans les réseaux commerciaux tout au long du IVe s. et probablement jusqu'au début du Ve s.. Pour assurer la protection du pont sur le Doubs et d’un port fluvial, une fortification est construite au IVe s. sur la rive droite du Doubs grâce au démantèlement de certains édifices publics, les sanctuaires notamment. Le démantèlement systématique de la fortification, tombée en ruine, peut être situé aux XIVe-XVe siècles.

Bibliographie

Bernard Petit, Le site gallo-romain de Brognard-Etupes, Bulletin de la SEM n°29-127
Véronique Ganard et Laurent Vaxelaire, Vestiges gallo-romains à Valentigney, bulletin de la SEM n°117, 1994 (publié en 1995), p 77-85.

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