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Le Moyen Âge

La poussée des Germains et l’évangélisation

Entre le milieu du Ve s. et le début du VIe s. s’installent successivement dans le Pays de Montbéliard des tribus alamanes, burgondes, franques et warasques, alors que les Francs, avec à leur tête la lignée mérovingienne, réussissent à imposer leur autorité sur la Gaule dès le milieu du VIe s. Cependant, ces arrivées successives ne paraissent pas avoir modifié de façon radicale le peuplement préexistant, car elles furent le fait de minorités qui se fondirent dans les zones gallo-romaines les plus peuplées.
L’installation des Germains dans le pays est attestée par la présence d’une vingtaine de nécropoles (Audincourt, Bart, Courcelles, Bavans, Blussangeaux, Mandeure) riches en parures, armes et vaisselle (plaques-boucles d’Etupes et Allenjoie, francisque du fort Lachaux). La toponymie locale constitue un témoignage supplémentaire : les noms de lieux composés avec le suffixe « court » sont très nombreux dans le Pays de Montbéliard et marquent de grands domaines fonciers dont les propriétaires étaient d’origine germanique (ainsi Audincourt correspondrait au domaine d’Aldwin). Il en est de même pour les toponymes en « ans », forme de la finale germanique « ingos ».

A la même époque commence l’évangélisation du pays, pour laquelle deux hypothèses coexistent. Selon la tradition, elle serait l’œuvre de saint Maimbœuf, disciple de saint Colomban, le fondateur de l’abbaye de Luxeuil. D’après les travaux d’historiens contemporains, elle serait le résultat de la prédication de moines venus de Besançon. Dès le début de l’époque carolingienne, la religion chrétienne est donc bien implantée dans le Pays de Montbéliard.

Le développement de Montbéliard Xe-XIVe siècle

L’influence de Mandeure diminue fortement entre le VIIIe et le Xe siècle au profit de Montbéliard qui devient la ville-centre de la région. C’est en 985 qu’est mentionné pour la première fois le bourg de Montbéliard (Montisbeliardae).

La famille de Mousson domine alors Montbéliard et ses alentours : Louis de Mousson est le premier Comte de Montbéliard, dans la première moitié du XIe siècle. Un partage des domaines au début du siècle suivant est à l’origine de trois dynasties et trois comtés, dont celui de Montbéliard. Le comté passe ensuite entre les mains des Montfaucon. C’est entre le XIe et le XIIIe siècle que s’est échelonnée la construction du château de Montbéliard, siège du pouvoir comtal.
Sur le plan religieux, le Pays de Montbéliard, comporte 62 paroisses et fait partie du diocèse de Besançon. La première église paroissiale dédiée à Saint Pierre est remplacée au milieu du XIIe s. par une collégiale dédiée à saint Maimbœuf, dont les reliques ont été transférées à Montbéliard au Xe s. Les douze chanoines assurent les besoins religieux pour la population de Montbéliard et les villages limitrophes de Grand-Charmont, Vieux-Charmont, Charmontey, Sochaux et Arbouans. Le chapitre, fort d’un patrimoine foncier considérable renforcé par de nombreux dons et legs, devient l’établissement ecclésiastique le plus important du Comté. Soucieux de conserver son monopole, il réussit à s’opposer à l’installation d’autres établissements religieux, en particulier les ordres mendiants. Le comte Thierry II fonde malgré tout à proximité, le long du Doubs, l’abbaye de prémontrés de Belchamp. La ville est desservie par une église, Saint-Martin, attestée en 1293, placée sous la tutelle de l’église Saint-Maimbœuf. Il existe aussi dans la ville, au lieu dit d’Aiguillon, un hôpital des pauvres, ainsi qu’une maladrerie pour les lépreux à l’extérieur de la cité.

La société de clercs, ainsi mise en place, contribue à susciter de nouveaux besoins économiques et à attirer pèlerins, marchands ou ruraux. L’essor économique des XIIe s. et XIIIe s. est confirmé par l’existence de péages, d’un marché ou d’une foire à la saint Michel (1247), ainsi que par la présence de nombreux artisans, mais aussi de Juifs et de Lombards, banquiers et vendeurs de produits de luxe. La multiplication des moulins et fours, ainsi que la construction de la nouvelle église Saint-Martin sont les témoins d’un accroissement démographique réel, qui entraîne également la création de nouveaux « bourgs ».

En 1283, les habitants de Montbéliard obtiennent de Renaud de Bourgogne une charte de franchises. Les habitants sont donc affranchis de la tutelle seigneuriale et bénéficient dès lors de l’autonomie administrative. Le Conseil des Neuf est créé pour gérer les questions relatives à la voirie, aux travaux publics, à l’ordre public ou encore à la levée de l’impôt. Il joue aussi le rôle de tribunal civil en première instance. Le maire, représentant du Comte, assiste le Conseil.

L’émergence de Montbéliard comme pôle économique et politique ne doit pas masquer que l’essentiel de l’activité humaine a pour cadre les campagnes, la ville ne comptant vers 1300 que 2000 habitants. Le terroir est voué à une polyculture céréalière dominante, soumise aux aléas climatiques, et aux rendements modestes. Autour des villages et des maisons prospère un jardinage quotidien pourvoyeur de légumes (fèves, pois, lentilles, choux, navets) et de chanvre indispensable à l’artisanat textile. Dans cette région humide propice à l’herbe, l’élevage tient une place notable : moutons, bovins, et aussi porcs peuvent aller à la glandée dans les vastes forêts pourvoyeuses, grâce à des droits d’usage généreux, de bois de chauffage et de construction et de produits de cueillette aussi variés que nécessaires.   

La fin du Moyen Age

La fin du Moyen Age est caractérisée par une accumulation de difficultés : famine, peste, raids dévastateurs de mercenaires tels les « écorcheurs » (milieu XIVe - milieu XVe siècle) et guerres de Bourgogne, dont le Comté de Montbéliard, menacé d’annexion par Charles le Téméraire, fut la zone d’affrontement de tous les belligérants, bourguignons, suisses, impériaux et français (1470-1477). Ces calamités entrainent une baisse de la population et l’abandon de 19 localités dans le pays de Montbéliard. Sous l’effet de la crise, le nombre de paysans libres progresse, car les seigneurs ont besoin de garder leurs paysans tentés par un exode vers la ville jugée plus protectrice en ces temps troublés. Afin de maintenir leurs revenus et la qualité de leur patrimoine foncier, ils n’hésitent pas à accorder des franchises rurales (Héricourt en 1362, Comté de Montbéliard et seigneurie d’Etobon en 1431, seigneurie de Blamont en 1433) qui conduisent à la suppression du servage. Les structures de production évoluent peu, mais la reconquête forestière offre des possibilités supplémentaires d’utilisation alors que progresse l’élevage du gros bétail. L’activité économique est cependant relancée dès la fin du XVe s. Le commerce régional et l’artisanat, désormais structurés par 21 corporations, les chonffes, créées à la fin du XIVe s. et au début du XVe. Face à l’insécurité ambiante, les fortifications sont profondément modernisées et renforcées. La surface bâtie entre les murs progresse et l’emploi de la pierre et de la tuile dans la construction est de plus en plus fréquent. La plupart des édifices publics et religieux sont reconstruits dans la seconde moitié du XVe s.
    Favorisées par la crise, de fortes tensions traversent la cité. Dès la fin du XIIIe s., et surtout au XIVe s., les conflits ne manquent pas entre l’élite bourgeoise et les besogneux pour le contrôle du conseil de ville. Finalement, les premiers l’emportent et mettent en place dès 1426 un nouveau mode d’élection destiné à conforter leur pouvoir : les bourgeois doivent élire un collège électoral à raison de deux représentants par quartier, les Dix-Huit, qui procèdent ensuite à l’élection des Neufs. La ville est désormais dominée par l’élite des marchands et artisans, situation qui perdurera jusqu’en 1793. A ces conflits internes s’ajoutent des tensions avec le Comte, débouchant parfois sur l’émeute, comme en 1340-1341. Parallèlement, l’administration centrale se développe en créant une charge de bailli en 1301, de procureur en 1384, de chancelier en 1453 et mettant en place un conseil du prince à la fin du XVe s.. Le comte réussit aussi à intervenir dans la gestion municipale grâce à l’action du maire et à la vérification des comptes.

Sur le plan politique, le Comté est marqué par le mariage d’Henriette d'Orbe et d’Eberhard de Wurtemberg en 1407 : c’est le début de la dynastie de Wurtemberg présente dans le Pays de Montbéliard durant quatre siècle. L’héritier du Comté de Montbéliard meurt en 1396, alors que le Comte Etienne décède un an plus tard. C’est la raison pour laquelle l’ainée des quatre filles du Comte, Henriette, est désignée pour épouser ce prince allemand de 9 ans. En 1495, échappant aux visées françaises et bourguignonnes grâce à l’aide de la Suisse, le Comté de Montbéliard devient une principauté indépendante.

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