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Côté nature

Jusqu’au début du XXe siècle, la vie des habitants du Pays de Montbéliard, qu’il s’agisse de leur habitation ou de leur alimentation, se règle selon les contraintes liées au sol et au climat.

Les habitations

La maison rurale traditionnelle du Pays de Montbéliard est le reflet de l’activité agricole montbéliardaise : c’est une maison de polyculture où l’élevage a peu de place. Elle se présente sous la forme d’un bâtiment rectangulaire en pierre calcaire surmonté d’un toit volumineux couvert de petites tuiles plates. Elle est divisée en trois parties, ou « travées », de taille à peu près égale: la première travée correspond au corps de logis, la deuxième à la grange et la troisième à l’écurie.
Le corps de logis est composé généralement d’une cuisine et d’une ou deux chambres au rez-de-chaussée et de une à trois chambres à l’étage. Le sol du rez-de-chaussée est pavé de dalles calcaires et celui des chambres à l’étage est constitué de plancher. La grange est précédée d’une avant-grange qui sert principalement d’atelier agricole et de zone de passage. Les réserves de fourrage sont stockées dans la grange dont le volume s’étend jusqu’au faîte du toit : ce volume très important permet de conserver un stock considérable de fourrage et d’affronter un long hiver. Parfois le fond de la grange est cloisonné pour y loger de petits animaux. Enfin l’écurie, terme utilisé pour rappeler le plus prestigieux des animaux qu’elle peut abriter, loge les grands animaux de la ferme : des bovins et parfois un cheval. Le sol est pavé et un caniveau est aménagé afin de permettre au purin de s’écouler.
Les ouvertures sont peu nombreuses. La principale ouverture est le portail central ouvrant sur l’avant-grange. Les fenêtres sont percées essentiellement dans la partie habitation.
En parcourant les villages comme ceux de Brognard, Badevel ou Vandoncourt, vous pourrez découvrir ces fermes dont beaucoup ont gardé leur architecture d’origine.
Toutefois, l’architecture rurale du Pays de Montbéliard est actuellement peu mise en valeur et de nombreuses fermes sont radicalement transformées, à l’abandon et parfois même détruites. Une meilleure prise en compte de ce patrimoine serait indispensable pour sauvegarder l’identité rurale de ce territoire avant que celle-ci ne disparaisse. Des exemples réussis de réhabilitation de fermes existent cependant : ainsi le Musée de la Paysannerie à Valentigney ou la bibliothèque de Vandoncourt.

Laissez-vous conter les fermes du Pays de Montbéliard

L'alimentation et les cultures

Croquerave (C.Nardin)

Jusqu’au début du XXe siècle, l’alimentation des habitants du Pays de Montbéliard est liée aux contraintes du sol et du climat : les hivers longs nécessitent de prévoir des provisions importantes. Ceci explique la culture intensive d’un grand nombre de graines et légumes pouvant se consommer secs, comme l’orge, les pois ou les lentilles. Au XIXe siècle, la rave était très cultivée dans le Pays de Montbéliard, surtout dans la commune d’Audincourt dont les habitants étaient d’ailleurs surnommés les « Croque-raves ».

Le pain constitue la base de l’alimentation. Il est fabriqué par les femmes à partir d’une farine de méteil. Le jour de la cuisson du pain est un jour de fête et l’occasion de faire des gâteaux : gâteaux de fête, de mouâsse, de salure

Avant la généralisation de l’utilisation de la pomme de terre, au XIXe siècle, le chou (chou-fleur, chou rouge, chou blanc…) est fort consommé.

Les fruits tiennent peu de place dans l’alimentation. Beaucoup d’entre eux sont séchés, notamment les pommes et les poires.

La viande consommée est surtout de la viande de porc : chaque famille possède un cochon qui est tué avant Noël, ce qui donne lieu à des festivités. Les parties ne se conservant pas (foie, poumons, rognons, pieds…) sont mangées le jour-même, tandis que le reste est fumé et mangé au fur et à mesure des besoins. La volaille et les lapins élevés dans la ferme apportent un complément en protéines non négligeable.

Une originalité du Pays de Montbéliard est l’importance de la cueillette des fruits sauvages et des champignons : aucune ressource naturelle n’est négligée.

Il n’est consommé que ce qui peut être produit. Les seuls achats concernent le sel et le vinaigre. La vie s’organise en économie fermée, ce qui explique l’extrême diversité des cultures qui a fait place petit à petit à des activités agricoles spécialisées et plus commerciales.

Les Romains ont été les premiers à cultiver la vigne dans le Pays de Montbéliard. Selon les souvenirs des anciens, la qualité gustative du vin n’était pas des meilleures. Elle a donné naissance à cette maxime : « Pour le boire il faut s’y prendre à quatre : un qui le boit, deux qui tiennent le volontaire et un pour le faire boire ! ». Dans la seconde moitié du XIXe siècle, la crise de phylloxéra décime ces vignes, qui seront parfois remplacées par des vergers. Pourtant, de nombreux noms de lieux évoquent encore cette culture : le collège des Hautes-vignes à Seloncourt, le coteau des Vieilles vignes à Hérimoncourt et le coteau des vignes à Champvermol, par exemple.

Aucune trace de ces vignobles ne subsiste, alors que le vignoble jurassien, légèrement au Sud, compte six Appellations d'Origine Contrôlée.

Aujourd'hui la vigne est de retour dans le Pays de Montbéliard : la Ville de Montbéliard a en effet pris l'initiative en 2008 de replanter 10 ares de ceps. Environ 400 pieds représentant 4 variétés (Riesling, Sylvaner, Trollinger, Lemberger) ont été réintroduits. La production de vin en partenariat avec la ville de Ludwigsburg, ville jumelée avec Montbéliard, est prévue.

Le petit patrimoine

Le petit patrimoine est l’ensemble des constructions témoignant de la vie quotidienne d’autrefois. La vie du village s’organisait autour de ces éléments centraux : lavoirs, fontaines, fours à pain, moulins, canaux d’irrigation… 

Le Pays de Montbéliard comprend de nombreux vestiges de cette vie passée, dont plusieurs fontaines du XIXe siècle. Ces fontaines répondaient à différents usages et leur répartition correspondait à diverses activités rurales. Ainsi, lavoir, abreuvoir et puisoir sont distribués de façon très fonctionnelle dans un espace bien délimité… par ailleurs ils sont ce qu’il convient bien d’appeler des lieux de socialisation. Il est possible d’en admirer à Badevel, Dasle ou encore Allenjoie.

Les vergers

Bien que les fruits ne soient pas mangés directement après leur cueillette, de nombreux vergers étaient implantés sur le territoire. Les pommes, les poires, les prunes ou les cerises permettaient d’obtenir différents alcools comme l’eau de vie, le kirsch ou le poiré.

Aujourd’hui, les vergers du Pays de Montbéliard sont une composante du paysage plus que de l’agriculture. Victimes de l’urbanisation ou abandonnés, la plupart des arbres fruitiers survivants sont très vieux et les vergers sont menacés de disparition.

Le réseau des vergers conservatoires et des vergers écoles, mis en place grâce au soutien de Pays de Montbéliard agglomération, assure la pérennité de certaines variétés : le verger école de Vandoncourt, couvrant 3 000 m² au centre du village, ou encore le verger des Jonchets à Grand-Charmont (4 000 m²).

La Montbéliarde

La vache montbéliarde est issue d’un croisement probable entre la race fribourgeoise et la race simmenthal. Sa reconnaissance officielle date de 1889. Ses caractéristiques physiques permettent de la reconnaître aisément : une robe rouge franc et blanche par plaques, de la corne blanche aux pieds, des cornes fines et blanches se dirigeant en dehors, un cou mince, un dos long, droit et large aux reins, une ossature fine…

La Montbéliarde présente de nombreuses qualités. C’est une bonne laitière, une bonne travailleuse, elle est fertile et résistante aux maladies. De plus, sa viande est réputée pour être savoureuse et peu grasse.

Elle est aujourd’hui la troisième vache laitière française.

Laissez-vous conter la vache montbéliarde

La vache montbéliarde semble liée depuis toujours à la campagne franc-comtoise. Or, on oublie que la race n'existe que depuis 120 ans à peine. Ses nombreuses qualités lui ont permis d'être présente sur tous les continents et de rester aujourd'hui encore la race prépondérante en Franche-Comté.

Laissez-vous conter l'histoire de la Montbéliarde...

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La verquelure

Dès le Moyen Age, le chanvre est cultivé et filé dans le Pays de Montbéliard, certainement faute de lin. Toutes les étapes de la transformation du chanvre sont réalisées dans les foyers et dans des ateliers d’artisans.

Autrefois connue dans la France entière, la « verquelure » était une toile de chanvre à carreaux, souvent blanche et bleue. Cette toile, complexe et résistante, alternait fils écrus et fils de couleur sur le métier à tisser : c’était la marque de fabrique du Pays de Montbéliard.

 

 

Du chanvre à la verquelure : pour tout savoir !

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